Bienfaits du kinkéliba que dit vraiment la science

Bienfaits du kinkéliba : que dit vraiment la science sur cette plante africaine ?

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  • Dernière modification de la publication :18 août 2026
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Elise
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Il suffit parfois d’une tasse de tisane pour voyager un peu. Avec le kinkéliba, le voyage nous emmène en Afrique de l’Ouest, où cette plante fait partie depuis longtemps des traditions de phytothérapie.

Souvent présenté comme une plante « détox », « minceur », digestive ou capable de faire baisser la tension, le kinkéliba possède une réputation impressionnante en Afrique de l’Ouest. Mais entre les usages traditionnels, les promesses commerciales et ce que les chercheurs ont réellement observé, il n’est pas toujours facile de faire la part des choses. Sur les réseaux sociaux, on lui prédit tous les bienfaits sur la santé, mais qu’en est-il vraiment ?

J’ai donc voulu aller plus loin que la simple liste de bienfaits que l’on retrouve un peu partout et vous aider à y voir plus clair !

Le kinkéliba, plante ancestrale, est présente dans la pharmacopée française depuis 1937. Elle est également référencée dans l’African Pharmacopoeia et la Ghana Herbal Pharmacopoeia. Elle a effectivement fait l’objet de nombreuses recherches. Une revue scientifique publiée en 2024 a recensé 155 composés organiques identifiés dans la plante, notamment des flavonoïdes, des acides phénoliques, des alcaloïdes, des terpènes et différents nutriments minéraux. Les études expérimentales suggèrent des activités antioxydantes, anti-inflammatoires, antidiabétiques, antihypertensives, digestives, hépato- et néphroprotectrices, entre autres. Mais attention : tous ces effets ne sont pas démontrés chez l’être humain.

Et c’est justement ce qui rend le sujet intéressant. Dans cet article, je vais distinguer ce qui est traditionnellement utilisé, ce qui a été observé en laboratoire ou chez l’animal et ce qui bénéficie déjà de données cliniques chez l’humain. Voilà ! Allez hop, c’est parti pour la découverte du kinkeliba !

Qu’est-ce que le kinkéliba ?

Le kinkéliba est un arbuste de la famille des Combretaceae, scientifiquement appelé Combretum micranthum G. Don.

Il pousse principalement dans les régions d’Afrique de l’Ouest, notamment dans des zones du Sénégal, de la Guinée, du Mali, du Burkina Faso et d’autres pays de la région. Ce sont surtout ses feuilles qui sont utilisées. Elles sont traditionnellement préparées sous forme d’infusion ou de décoction, puis consommées comme une tisane.

En Afrique de l’Ouest, le kinkéliba possède une longue histoire médicinale. Il est traditionnellement utilisé pour les troubles digestifs, comme diurétique, pour accompagner certains problèmes hépatiques, la fièvre, certaines infections et encore pour aider à contrôler la glycémie ou la tension artérielle.

Cette polyvalence explique probablement pourquoi la plante a acquis une réputation de véritable « plante à tout faire ». Et pourtant, il faut être prudente avec ce terme. Une utilisation traditionnelle ancienne constitue une information précieuse, mais elle ne suffit pas à prouver qu’une plante traite efficacement une maladie.

Que contient le kinkéliba ?

C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants du kinkéliba. Les chercheurs ont identifié une grande variété de molécules naturelles dans la plante. Parmi elles, les polyphénols, et notamment les flavonoïdes, occupent une place importante.

Les flavonoïdes, c’est quoi exactement ?

Ce mot peut sembler compliqué, mais l’idée est assez simple : ce sont des substances produites naturellement par les végétaux. Elles participent notamment à la protection de la plante contre différents stress environnementaux. Chez l’être humain, certains flavonoïdes présentent des propriétés biologiques intéressantes, notamment sur le stress oxydatif et certains mécanismes de l’inflammation.

Parmi les molécules retrouvées dans le kinkéliba figurent notamment la vitexine, l’isovitexine, l’orientine, l’homoorientine, ainsi que d’autres flavonoïdes comme la quercétine ou des catéchines. Pleins de mots en « ine » bien complexes n’est ce pas !

Une étude consacrée au kinkéliba a notamment identifié 13 flavonoïdes différents et étudié leur potentiel sur le métabolisme du glucose.

Le kinkéliba contient également différents acides phénoliques, alcaloïdes, composés terpéniques et minéraux.

Cette diversité est importante, car il est peu probable que les effets de la plante reposent sur une seule molécule. Ils pourraient plutôt résulter de l’action combinée de plusieurs composés. Et justement, c’est ce que je trouve passionnant sur une plante. C’est ce que l’on appelle un effet synergique : plusieurs substances agissent ensemble et peuvent produire un effet différent de celui de chacune prise isolément.

Les bienfaits du kinkéliba sur la santé

1. Le kinkéliba possède une activité antioxydante

Commençons par l’un des effets les mieux documentés en laboratoire : l’activité antioxydante.

Pour comprendre ce terme, il faut parler des radicaux libres. Notre organisme produit naturellement des molécules très réactives au cours de son fonctionnement. Certaines sont utiles, mais lorsqu’elles deviennent trop nombreuses, elles peuvent provoquer ce que l’on appelle un stress oxydatif.

Imaginez une pomme coupée qui brunit au contact de l’air. À l’intérieur de notre organisme, les phénomènes sont beaucoup plus complexes, mais l’idée générale est comparable : certaines réactions d’oxydation peuvent endommager progressivement les cellules.

Les antioxydants contribuent à neutraliser une partie de ces molécules très réactives.

Les extraits de kinkéliba ont montré une activité antioxydante dans différents tests de laboratoire, ce qui semble notamment lié à leur richesse en polyphénols. Cette propriété est intéressante, mais elle mérite une précision importante : un extrait qui neutralise des radicaux libres dans un tube à essai ne signifie pas automatiquement que boire une tisane aura le même effet mesurable dans l’organisme.

Il s’agit donc d’un résultat prometteur, pas d’une preuve clinique d’un effet préventif contre une maladie.

2. Une plante intéressante pour lutter contre l’inflammation ?

Le kinkéliba semble également posséder une activité anti-inflammatoire. L’inflammation est une réaction normale de défense de l’organisme. Elle devient problématique lorsqu’elle est excessive ou persistante.

Les chercheurs étudient notamment l’influence du kinkéliba sur certaines molécules impliquées dans l’inflammation, appelées cytokines. Les cytokines sont, pour simplifier, des messagers utilisés par les cellules immunitaires pour communiquer entre elles.

Dans une étude consacrée aux effets du kinkéliba sur la peau, un extrait riche en vitexine et isovitexine a permis de diminuer certains marqueurs inflammatoires dans des modèles cellulaires et expérimentaux. Les chercheurs ont notamment observé une diminution d’IL-6 et d’IL-8 dans certaines conditions expérimentales. Cela renforce l’hypothèse d’une activité anti-inflammatoire.

Mais là encore, il faut rester réaliste : cela ne permet pas d’affirmer que boire du kinkéliba soigne une maladie inflammatoire chez l’être humain.

3. Le kinkéliba et la glycémie : une piste très intéressante

C’est probablement l’un des domaines où le kinkéliba suscite le plus d’intérêt scientifique.

Une étude publiée dans le Journal of Food and Drug Analysis a étudié les polyphénols du kinkéliba et identifié 13 flavonoïdes. Les chercheurs ont observé que l’extrait riche en flavonoïdes pouvait réduire la production de glucose dans des cellules hépatiques et améliorer la tolérance au glucose chez des souris.

Pourquoi le foie joue-t-il un rôle dans la glycémie ?

Lorsque l’on pense au sucre sanguin, on pense souvent uniquement à ce que nous mangeons. Mais le foie intervient lui aussi. Entre les repas, il peut fabriquer et libérer du glucose afin de maintenir un niveau suffisant de sucre dans le sang.

Une enzyme appelée PEPCK participe à cette fabrication de glucose. Dans les recherches sur le kinkéliba, certains flavonoïdes ont été associés à une diminution de l’expression de cette enzyme et à une réduction de la production hépatique de glucose.

C’est particulièrement intéressant dans le contexte de l’insulinorésistance.

L’insulinorésistance, qu’est-ce que c’est ?

L’insuline est une hormone qui aide notamment le glucose à entrer dans les cellules pour être utilisé comme énergie. Lorsque les cellules deviennent moins sensibles à l’insuline, l’organisme doit en produire davantage pour obtenir le même résultat. À terme, cette situation peut favoriser l’apparition du diabète de type 2.

Le kinkéliba pourrait agir sur certains de ces mécanismes, mais les données disponibles restent essentiellement précliniques.

Autrement dit, les résultats sont encourageants, mais ils ne permettent pas encore de dire qu’une tisane de kinkéliba remplace un traitement du diabète. Et cette nuance est essentielle.

4. Le kinkéliba pourrait-il aider à faire baisser la tension ?

Ici, nous avons une information particulièrement intéressante car elle provient d’une étude clinique chez l’être humain.

Un essai randomisé réalisé au Sénégal a inclus 219 personnes souffrant d’hypertension artérielle non compliquée. Plusieurs traitements ont été comparés, dont une préparation de kinkéliba sous forme de décoction à raison de 10 g de feuilles par jour, ainsi que des comprimés de kinkéliba. Le groupe contrôle recevait du captopril, un médicament antihypertenseur.

Après 6 mois, la pression artérielle systolique avait diminué de manière importante dans le groupe kinkéliba, avec une baisse moyenne comparable à celle observée dans le groupe captopril dans le cadre de cet essai.

Chez les participants recevant la décoction de kinkéliba, la baisse de pression systolique était d’environ 20,7 mmHg en moyenne.

C’est un résultat remarquable. Mais il faut absolument éviter une conclusion du genre « le kinkéliba remplace le captopril ».

Ce n’est pas ce que démontre l’étude. Elle montre que, dans les conditions précises de cet essai, chez des personnes présentant une hypertension non compliquée, une préparation donnée de kinkéliba a été associée à une diminution significative de la pression artérielle.

Cela mérite d’être étudié davantage, notamment avec d’autres populations et dans des essais plus larges.

5. Une action diurétique : le fameux « drainage »

Le kinkéliba est traditionnellement utilisé comme diurétique. Un diurétique est une substance qui favorise la production d’urine.

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En langage courant, cela explique pourquoi le kinkéliba est souvent présenté comme une plante « drainante ». Les mécanismes exacts sont encore étudiés et plusieurs composés pourraient participer à cet effet. Des travaux anciens avaient déjà décrit des propriétés diurétiques et cholagogues de la plante, tandis que les travaux plus récents continuent d’examiner ces activités.

Mais le kinkéliba fait-il vraiment maigrir ?

C’est ici qu’il faut faire une petite mise au point. Lorsque l’on urine davantage, le poids peut effectivement diminuer temporairement parce que l’organisme perd de l’eau.

Mais perdre de l’eau n’est pas perdre de la graisse ! Une tisane diurétique peut donc donner l’impression de « dégonfler » sans provoquer une véritable perte de masse grasse. Le kinkéliba ne doit donc pas être présenté comme un brûle-graisse.

Son intérêt éventuel dans le cadre d’un objectif minceur est beaucoup plus modeste : il peut s’intégrer à une alimentation équilibrée comme boisson sans sucre, mais il ne constitue pas un traitement de l’obésité.

6. Le kinkéliba et la digestion

La tradition ouest-africaine attribue depuis longtemps au kinkéliba des propriétés digestives. La plante est notamment consommée pour accompagner différents troubles digestifs et elle possède également une réputation de cholagogue.

Cholagogue : encore un mot compliqué !

Un cholagogue est une substance qui favorise l’évacuation de la bile. La bile est produite par le foie et stockée dans la vésicule biliaire. Elle participe notamment à la digestion des graisses.

Des travaux expérimentaux ont retrouvé des propriétés compatibles avec cette utilisation traditionnelle. La plante est également étudiée pour ses effets sur le transit intestinal et son potentiel antidiarrhéique.

Plusieurs de ces données proviennent toutefois d’expériences précliniques.

Pour une personne qui souffre simplement de digestion difficile ou de ballonnements occasionnels, une tisane peut être agréable et traditionnellement utilisée dans ce contexte. En revanche, une diarrhée persistante ou importante doit évidemment faire rechercher sa cause.

7. Un intérêt potentiel pour le foie

En Afrique de l’Ouest, le kinkéliba est traditionnellement associé à la santé du foie. Les chercheurs se sont donc intéressés à son éventuelle action hépatoprotectrice.

Ce mot signifie simplement : « qui peut protéger les cellules du foie ».

Les études expérimentales recensées dans la littérature suggèrent une activité hépatoprotectrice, probablement en lien notamment avec les polyphénols et leur capacité à agir sur certains mécanismes oxydatifs et inflammatoires. Mais il faut être particulièrement prudente avec le terme « détox ».

En effet, le foie n’a pas besoin d’une tisane pour « être nettoyé ». C’est justement l’un de ses rôles naturels !

Dire que le kinkéliba « nettoie le foie » est donc une simplification marketing qui fait vendre…

Il est plus juste de dire que des recherches expérimentales suggèrent un potentiel protecteur du foie.

8. Une plante étudiée pour les reins

La recherche scientifique s’intéresse également à un éventuel effet néphroprotecteur, c’est-à-dire protecteur des reins. La revue scientifique publiée en 2024 rapporte plusieurs activités expérimentales attribuées au kinkéliba, dont une activité néphroprotectrice.

Ici encore, la prudence reste de mise. « Soutenir les reins » est une expression très utilisée en phytothérapie, mais elle peut rapidement devenir trompeuse.

Une plante diurétique n’est pas forcément une plante qui « nettoie » les reins, et une insuffisance rénale ne se traite évidemment pas avec une tisane.

9. Un potentiel antimicrobien

Le kinkéliba possède également une activité antimicrobienne intéressante. Des études de laboratoire ont montré que différents extraits de la plante pouvaient inhiber la croissance de bactéries et de champignons. Des travaux ont également étudié une éventuelle activité contre certains parasites.

Ces résultats permettent de comprendre pourquoi la plante est depuis longtemps utilisée traditionnellement contre différentes infections.

Mais il y a une frontière à ne pas franchir : une activité antibactérienne en laboratoire ne signifie pas qu’une tisane soigne une infection bactérienne chez l’être humain.

En cas d’infection confirmée, le traitement doit rester adapté au type d’infection et aux recommandations médicales.

10. Le kinkéliba et la peau

C’est peut-être un aspect moins connu de cette plante. Une étude publiée dans la revue Molecules a étudié un extrait de feuilles riche en vitexine et isovitexine.

Les chercheurs ont retrouvé une activité antioxydante et anti-inflammatoire et ont évalué son action dans des modèles de peau soumis à différents stress. Certains marqueurs inflammatoires ont été diminués après traitement par l’extrait. Cette recherche ouvre des pistes intéressantes pour la cosmétique et la protection cutanée.

Mais, là aussi, nous parlons essentiellement de recherche expérimentale, pas d’une preuve que boire du kinkéliba améliore directement la peau.

Kinkéliba et perte de poids : attention au raccourci

C’est probablement l’un des sujets les plus recherchés sur Internet. Le kinkéliba est effectivement traditionnellement utilisé comme plante « minceur » et diurétique.

Mais il faut distinguer 3 choses :

  • Perdre de l’eau : oui, une plante diurétique peut favoriser temporairement cette perte.
  • Perdre de la graisse : ce n’est pas démontré.
  • Améliorer durablement le poids corporel : les preuves cliniques sont actuellement insuffisantes.

Autrement dit, le kinkéliba n’est pas une solution miracle pour perdre du poids !

Une tisane peut parfaitement avoir sa place dans une démarche de perte de poids, notamment parce qu’elle peut remplacer une boisson sucrée, mais ce n’est pas la plante qui fera disparaître les kilos.

Comment préparer une tisane de kinkéliba ?

Traditionnellement, les feuilles sont utilisées en infusion ou en décoction. Il faut cependant distinguer les préparations traditionnelles des doses utilisées dans les études scientifiques.

L’essai clinique sur l’hypertension a utilisé une décoction correspondant à 10 g de feuilles par jour.

Cela ne signifie pas que 10 g constituent une dose universelle valable pour tout le monde et pour toutes les indications. Il n’existe pas aujourd’hui de posologie standardisée permettant d’affirmer qu’une quantité précise convient au traitement du diabète, de la digestion ou de la détox.

Je déconseille donc de chercher à reproduire les fortes doses utilisées dans certains protocoles expérimentaux sans conseil professionnel.

Vous pouvez trouver du kinkéliba en boutiques bio, herboristeries ou en ligne (lien affilié) : Acheter des feuilles de kinkéliba en ligne

Le kinkéliba est-il sans danger ?

C’est une question essentielle avec toutes les plantes médicinales. Une étude toxicologique publiée récemment a évalué un extrait éthanolique de feuilles chez des souris, à des doses allant jusqu’à 2 000 mg/kg, en aigu puis pendant 28 jours.

Aucune mortalité ni manifestation clinique importante n’a été observée. Les chercheurs ont néanmoins détecté certaines modifications biologiques et de petites anomalies histologiques, notamment au niveau du foie, ce qui montre bien qu’une absence de toxicité aiguë spectaculaire ne signifie pas qu’une plante est totalement dépourvue d’effets biologiques. Il faut aussi garder en tête qu’une étude chez la souris ne permet pas de conclure automatiquement à une parfaite innocuité chez l’être humain.

Qui devrait être particulièrement prudente ?

La prudence est recommandée chez :

  • les femmes enceintes ou allaitantes, faute de données suffisantes ;
  • les personnes prenant un traitement contre le diabète ;
  • les personnes prenant un traitement antihypertenseur ;
  • les personnes utilisant des médicaments diurétiques ;
  • les personnes souffrant d’une maladie chronique ou prenant plusieurs médicaments.

Pourquoi ? Parce qu’une plante capable d’influencer la glycémie ou la pression artérielle peut théoriquement additionner ses effets à ceux d’un médicament.

Si vous prenez un traitement quotidien, le réflexe le plus prudent consiste donc à demander l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant une consommation régulière.

Quels sont les vrais bienfaits du kinkéliba ?

Après avoir passé en revue les recherches disponibles, voici comment je classerais les différentes propriétés du kinkéliba.

PropriétéNiveau de connaissances
Activité antioxydanteBien documentée en laboratoire
Activité anti-inflammatoirePrometteuse, surtout préclinique
Effet sur la glycémiePrometteur, essentiellement expérimental
Effet antihypertenseurDonnées humaines intéressantes
Effet diurétiqueTraditionnel et étudié expérimentalement
Soutien digestifTradition ancienne + données précliniques
Protection hépatiquePrometteuse mais surtout préclinique
Protection rénaleDonnées expérimentales
Activité antimicrobiennePrincipalement in vitro
Perte de graisseNon démontrée
Détox du foieTerme à éviter, trop simplificateur

C’est probablement la manière la plus honnête de présenter le kinkéliba. La plante est loin d’être une simple tisane folklorique : elle contient de nombreuses molécules bioactives et certaines de ses propriétés sont réellement étudiées scientifiquement.

Mais nous sommes encore loin d’avoir le même niveau de preuve que pour un médicament classique.

Ce qu’il faut retenir

Le kinkéliba est une plante médicinale traditionnelle d’Afrique de l’Ouest particulièrement riche en composés bioactifs.

Ses feuilles contiennent notamment de nombreux polyphénols et flavonoïdes, dont la vitexine et l’isovitexine. Une revue scientifique récente a recensé 155 composés organiques dans la plante et décrit un large éventail d’activités pharmacologiques potentielles.

Les recherches les plus intéressantes concernent aujourd’hui :

  • sa capacité antioxydante,
  • son potentiel anti-inflammatoire,
  • son action possible sur la glycémie,
  • son effet antihypertenseur,
  • son activité diurétique,
  • son intérêt potentiel pour la digestion,
  • et ses propriétés hépatoprotectrices et néphroprotectrices.

Parmi toutes ces propriétés, l’effet sur la tension artérielle est celui pour lequel nous disposons des données humaines les plus intéressantes, avec un essai randomisé portant sur 219 patients hypertendus.

Pour les autres usages, la prudence reste indispensable, car une grande partie des données provient d’études in vitro ou animales.

Le kinkéliba est donc une plante prometteuse, mais pas une plante miracle. Et c’est finalement plutôt rassurant : la phytothérapie n’a pas besoin de transformer chaque plante en remède universel pour être passionnante !

Les questions sur le kinkéliba !

Le kinkéliba fait-il vraiment maigrir ?

Pas directement. Le kinkéliba possède une activité diurétique qui peut favoriser une perte d’eau temporaire. En revanche, aucune preuve clinique solide ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’il fait perdre de la masse grasse ou provoque une perte de poids durable.

Peut-on boire du kinkéliba tous les jours ?

Le kinkéliba est traditionnellement consommé sous forme de tisane et les données disponibles ne signalent pas de toxicité aiguë majeure aux doses étudiées. Cependant, les données sur une consommation prolongée chez l’humain restent limitées. Une consommation régulière et importante mérite donc davantage de prudence.

Le kinkéliba fait-il baisser la glycémie ?

Des études en laboratoire et chez la souris suggèrent que certains flavonoïdes du kinkéliba pourraient agir sur la production de glucose et améliorer la tolérance au glucose.

Mais il n’existe pas encore suffisamment d’études cliniques chez les personnes diabétiques pour considérer le kinkéliba comme un traitement du diabète.

Le kinkéliba fait-il baisser la tension ?

C’est probablement l’une de ses propriétés les mieux documentées chez l’humain. Un essai randomisé mené au Sénégal a observé une diminution importante de la pression artérielle chez des patients hypertendus consommant une préparation de kinkéliba pendant six mois.

Cela ne signifie toutefois pas qu’il faut arrêter ou remplacer son traitement médical.

Le kinkéliba est-il une plante détox ?

Le terme « détox » est surtout un terme marketing. Le foie et les reins assurent naturellement l’élimination de nombreuses substances. Le kinkéliba possède en revanche des propriétés diurétiques et des activités expérimentales qui pourraient expliquer une partie de sa réputation traditionnelle.

Le kinkéliba est-il bon pour le foie ?

Des études expérimentales suggèrent une activité hépatoprotectrice. La plante est également utilisée traditionnellement dans plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest pour les troubles hépatiques. Mais il manque encore des études cliniques solides chez l’humain pour confirmer un véritable effet thérapeutique sur les maladies du foie.

Peut-on boire du kinkéliba quand on prend des médicaments ?

Prudence. Le kinkéliba pourrait notamment avoir un effet sur la pression artérielle et la glycémie. Une association avec certains traitements pourrait donc théoriquement renforcer leur action. Si vous prenez un traitement régulier, mieux vaut demander conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Les femmes enceintes peuvent-elles boire du kinkéliba ?

Par précaution, je déconseille une consommation médicinale régulière pendant la grossesse et l’allaitement en l’absence de données suffisantes permettant de garantir sa sécurité.

Quelle partie du kinkéliba utilise-t-on ?

Ce sont principalement les feuilles qui sont utilisées pour préparer les infusions et décoctions.

A bientôt sur Actubio !

Elise

Références scientifiques

Tine Y, Sene M, Gaye C, et al. Combretum micranthum G. Don (Combretaceae): A Review on Traditional Uses, Phytochemistry, Pharmacology and Toxicology. Chemistry & Biodiversity, 2024. DOI: 10.1002/cbdv.202301606.

Bourqui A, Niang EAB, Graz B, et al. Hypertension treatment with Combretum micranthum or Hibiscus sabdariffa, as decoction or tablet: a randomized clinical trial. Journal of Human Hypertension, 2021;35:800-808. DOI: 10.1038/s41371-020-00415-1.

Welch C, Zhen J, Bassène E, et al. Bioactive polyphenols in kinkéliba tea (Combretum micranthum) and their glucose-lowering activities. Journal of Food and Drug Analysis, 2018;26:487-496. DOI: 10.1016/j.jfda.2017.05.009.

Acute and Subacute Oral Toxicity Assessment of Kinkeliba (Combretum micranthum G. Don) Ethanolic Extract in BALB/c Mice. Plants, 2025, 14(12), 1776.

Seck SM, Doupa D, Guéye Dia D, et al. Clinical efficacy of African traditional medicines in hypertension: A randomized controlled trial with Combretum micranthum and Hibiscus sabdariffa. Journal of Human Hypertension, 2018;32:75-81.


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