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Huiles essentielles et addictions : peuvent-elles aider à gérer les envies ?

Elise
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Une envie de cigarette qui arrive sans prévenir. Une envie de sucre après le repas. Ce besoin presque automatique de reproduire une habitude dont on aimerait pourtant se débarrasser…

Lorsqu’on essaie de changer un comportement addictif, le plus difficile n’est pas toujours la décision de départ. C’est parfois le moment précis où l’envie revient.

Et c’est justement là que les huiles essentielles peuvent éventuellement trouver leur place.

Attention toutefois : elles ne guérissent pas une addiction et ne remplacent pas un accompagnement médical ou psychologique. Leur intérêt est beaucoup plus modeste : elles peuvent constituer un petit rituel olfactif pour détourner l’attention, accompagner un moment de stress ou aider à traverser une envie ponctuelle.

Addiction : pourquoi est-il si difficile de résister à une envie ?

Une addiction ne se résume pas à un simple manque de volonté. Elle peut associer des mécanismes biologiques, psychologiques et comportementaux. Au fil du temps, certains gestes deviennent également des automatismes : prendre une cigarette avec le café, manger quelque chose de sucré après le déjeuner, boire un verre dans certaines situations…

Dans le cas du tabac, la nicotine entraîne notamment une dépendance qui rend l’arrêt difficile. L’Organisation mondiale de la Santé considère d’ailleurs le sevrage tabagique comme une situation nécessitant un véritable accompagnement. Les traitements efficaces associent notamment soutien comportemental et, lorsque cela est indiqué, traitements pharmacologiques. C’est important de le rappeler : une huile essentielle ne peut pas remplacer ces approches. Mais elle peut éventuellement devenir un petit outil supplémentaire dans votre boîte à outils!

Que peuvent réellement apporter les huiles essentielles ?

Lorsqu’on parle d’aromathérapie et d’addictions, il faut faire la distinction entre deux choses. D’un côté, on pourrait imaginer qu’une huile essentielle « bloque » directement le mécanisme de dépendance. De l’autre, il y a quelque chose de beaucoup plus simple : l’odeur devient un nouveau stimulus auquel on associe un rituel.

Sortir son petit inhalateur, respirer profondément pendant quelques secondes, prendre le temps de faire une pause avant de céder à une envie…

Ce moment peut permettre de créer un espace entre l’envie et l’action. Et c’est probablement là que l’aromathérapie est la plus intéressante !

Que dit la recherche scientifique ?

Les recherches sont encore limitées, mais certaines observations sont intéressantes. Une petite étude publiée en 2013 a notamment étudié l’effet de l’aromathérapie sur les envies de nicotine chez 20 utilisateurs réguliers de nicotine. Les participants respiraient pendant deux minutes une goutte d’huile essentielle de poivre noir ou d’angélique lorsqu’une envie apparaissait.

Les deux huiles ont été associées à une diminution de l’intensité de l’envie et à un délai plus long avant la prochaine consommation. Mais l’étude était très petite et ne permet évidemment pas de conclure que ces huiles permettent d’arrêter de fumer.

Une revue systématique publiée en 2023 a également analysé les données disponibles sur différentes approches végétales utilisées dans le sevrage tabagique. Certaines données concernant notamment la lavande ou l’aromathérapie sont intéressantes, mais les auteurs soulignent la nécessité d’études mieux conçues et plus nombreuses.

Et c’est justement là que je préfère être prudente. Une étude encourageante n’est pas la même chose qu’un traitement démontré.

L’OMS ne recommande actuellement pas les thérapies complémentaires comme traitement du sevrage tabagique en raison d’un niveau de preuve insuffisant.

Quelles huiles essentielles peut-on utiliser ?

Plutôt que de dresser une longue liste d’huiles « contre » chaque addiction, je préfère vous orienter vers quelques huiles intéressantes pour leur profil olfactif et leur utilisation traditionnelle en aromathérapie.

Le poivre noir : l’huile la plus intéressante pour les envies de nicotine ?

C’est probablement celle qui mérite le plus d’attention lorsqu’on parle spécifiquement d’envie de nicotine.

Pourquoi ? Parce que c’est précisément l’une des huiles étudiées dans la petite étude évoquée plus haut. Les participants respiraient une goutte d‘huile essentielle de poivre noir sur un mouchoir pendant 2 minutes au moment où l’envie apparaissait.

Cela reste une donnée préliminaire, mais elle est plus intéressante que les affirmations générales du type « le poivre noir aide à arrêter de fumer ».

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La nuance est importante.

La lavande vraie : pour accompagner les moments de tension

La lavande vraie est surtout intéressante lorsqu’une envie s’accompagne de nervosité ou de tension. Elle possède une odeur douce et florale qui se prête particulièrement bien aux rituels olfactifs.

Elle ne traite pas la dépendance, mais peut vous aider à créer un moment de pause lorsque l’envie devient difficile à gérer.

Aroma-Zone recommande notamment de ne pas l’utiliser chez les femmes enceintes ou allaitantes ni chez les enfants de moins de 6 ans et de toujours la diluer pour une application cutanée.

L’orange douce : pour un rituel olfactif agréable

L’orange douce n’est pas un traitement du sevrage. Mais son parfum doux, fruité et réconfortant peut être intéressant pour créer une routine olfactive agréable.

Je la réserverais donc à une utilisation de bien-être et d’ambiance plutôt qu’à une promesse thérapeutique.

Attention : l’huile essentielle d’orange douce est photosensibilisante en application cutanée.

Et le pamplemousse ?

Vous l’avez peut-être déjà vu associé aux envies de sucre ou aux problèmes de poids. Je serais beaucoup plus prudente avec ce type d’affirmation.

Le pamplemousse peut être utilisé pour son parfum frais et fruité, mais je ne le présenterais pas comme un coupe-faim ou comme un traitement de l’addiction au sucre.

Ma recette : un inhalateur olfactif pour accompagner une envie

Plutôt que de fabriquer un roll-on à appliquer sur la peau, je préfère ici une solution encore plus simple : un inhalateur olfactif personnel.

Pourquoi ? Parce qu’il permet d’utiliser l’aromathérapie uniquement par l’olfaction et évite les problèmes liés à l’application cutanée.

Inhalateur olfactif « pause »

Pour un inhalateur à mèche adapté aux huiles essentielles :

  • 6 gouttes d’huile essentielle de poivre noir
  • 6 gouttes d’huile essentielle de lavande vraie
  • 3 gouttes d’huile essentielle d’orange douce

Imprégnez la mèche avec le mélange et placez-la dans l’inhalateur. Aucun conservateur n’est nécessaire, puisque la préparation ne contient pas d’eau. Vous trouverez des inhalateurs chez mon partenaire Aroma-Zone (lien affilié) : Se procurer des Sticks inhalateurs chez Aroma-Zone

Comment l’utiliser ?

Lorsque l’envie apparaît :

  1. Sortez l’inhalateur.
  2. Placez-le à quelques centimètres du nez.
  3. Respirez doucement pendant quelques secondes.
  4. Faites une pause et respirez profondément.
  5. Attendez quelques minutes avant de décider si vous allez céder à l’envie.

L’objectif n’est pas de « supprimer » magiquement l’envie. Il s’agit plutôt de créer une petite pause entre l’impulsion et le comportement. Et cette pause peut être précieuse.

Une précision importante

Cette recette n’est pas une formule ayant été testée cliniquement telle quelle. L’étude sur le poivre noir utilisait une seule goutte sur un tissu pendant deux minutes. Ma recette est donc une proposition de rituel olfactif maison inspirée de ces données, et non la reproduction d’un protocole médical.

Où trouver les huiles essentielles ?

Pour ce type de préparation, choisissez des huiles essentielles correctement identifiées, conservées dans de bonnes conditions et provenant d’un fournisseur fiable. Vous pouvez notamment retrouver les huiles essentielles de lavande vraie et d’orange douce chez Aroma-Zone.

Voir les huiles essentielles Aroma-Zone – lien affilié

Leur fiche de lavande vraie rappelle notamment l’importance de la conservation à l’abri de la lumière et de l’air ainsi que les précautions d’utilisation.

Peut-on utiliser les huiles essentielles pour arrêter de fumer ?

Oui, comme outil complémentaire, éventuellement.

Mais non, elles ne doivent pas être considérées comme un traitement du sevrage. Si vous souhaitez arrêter de fumer, le plus efficace est de vous faire accompagner.

L’OMS recommande notamment les interventions comportementales et plusieurs traitements pharmacologiques dont les substituts nicotiniques, la varénicline, le bupropion et la cytisine, selon les situations et les recommandations locales. L’association d’un traitement médicamenteux avec un accompagnement comportemental augmente les chances de réussite.

Vous pouvez donc parfaitement avoir votre petit inhalateur d’aromathérapie dans votre poche en complément de votre stratégie de sevrage. Il ne remplace simplement pas celle-ci.

Et pour l’alcool, les drogues ou les troubles alimentaires ?

C’est ici que je souhaite vraiment corriger l’ancien article. Il serait trompeur de proposer une huile essentielle différente pour chaque addiction en laissant entendre qu’elle pourrait agir directement sur la dépendance.

Une dépendance à l’alcool, aux drogues ou certains troubles du comportement alimentaire nécessitent une prise en charge adaptée à la situation de la personne.

Les huiles essentielles peuvent éventuellement participer à un rituel de détente ou de gestion du stress, mais elles ne doivent pas être présentées comme un traitement de ces troubles.

Si vous êtes concerné(e), demander de l’aide n’est absolument pas un échec. Au contraire : c’est souvent la première étape pour sortir du cercle de la dépendance.

Et l’addiction au sucre ?

Là encore, méfions-nous des raccourcis. On lit régulièrement que le pamplemousse, la cannelle, le clou de girofle ou la menthe poivrée pourraient « couper l’envie de sucre ».

Les preuves permettant d’affirmer qu’une huile essentielle traite une véritable addiction au sucre sont insuffisantes.

En revanche, vous pouvez utiliser un parfum agréable comme signal de changement de routine. Par exemple, lorsque vous avez l’habitude de prendre un dessert sucré systématiquement après le repas, vous pouvez créer un nouveau rituel : tisane, promenade de cinq minutes, respiration ou moment olfactif.

Ce n’est pas l’huile essentielle qui « soigne » l’envie. C’est le changement de comportement autour de cette envie qui compte !

Une huile essentielle ne doit jamais être utilisée pour « remplacer » une substance

C’est un point essentiel. Si vous arrêtez une substance addictive, il peut être tentant de chercher immédiatement un autre produit qui procurerait une sensation similaire. L’objectif de l’aromathérapie devrait plutôt être de vous aider à faire une pause, à respirer, à vous recentrer ou à créer un nouveau rituel.

Pas à remplacer une dépendance par une autre habitude de consommation 🙂

A bientôt sur Actubio !

Elise

En finir avec les addictions avec les huiles essentielles

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Cet article a 5 commentaires

  1. René pierre Thibault

    Bonjour, l idée est interessante, la mise en forme est a revoir. Il n y a aucune specification biochimique …. entre un romarin a cineol ou a camphre , un basilic grand vert ou a methyl chavicol ou encore un ylang ylang totum et une premiere floraison y a tout un monde.
    L aroma est une pratique qui demande rigueur et precision .

    1. Elise

      tout à fait. Je ne rentre volontairement pas dans les détails mais si vous souhaitez partager vos connaissances avec moi c’est avec grand plaisir! Bon dimanche à vous 🙂

  2. Linard Bernard

    Bonjour et très belle nouvelle année.
    Je suis un alcoolique et j’aimerais connaître un remède qui pourrait m’aider. Merci

  3. GUILLOT

    Merci pour tous ses précieux conseil

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